Le Pré aux Chênes : le chagrin et la colère

 

Jeudi, en défilé incessant, les habitants d'Althen des Paluds navrés, parfois au bord des larmes devant « leur » Pré aux Chênes que les pelleteuses achevaient de détruire sur ordre de la Mairie, n’avaient que ces mots à la bouche : « monumentale bêtise! »

 

 

Jusqu'au bout, nous avons voulu croire que la beauté et la sérénité prendraient le pas sur la vindicte. Nous avons pensé qu’avec intelligence, nos édiles comprendraient que la destruction coûtait beaucoup plus cher que la location et l’entretien, voire la mise aux normes. Que si le problème était réellement économique, la municipalité rechercherait des partenaires ou des repreneurs.

Rien de tel, bien au contraire : Niée la fréquentation assidue de cet espace, alors que les réservations se prenaient six mois, voire un an, à l’avance ; négligées les promenades quotidiennes des mamans et de leurs bébés en poussettes ; balayées d’un revers de la main les protestations, au prétexte qu’elles étaient « politiques ». Ignorée la valeur ajoutée de cet aménagement, un des rares à pouvoir participer à la notoriété de la commune !

Avec une précipitation étonnante, une célérité démontrant que l’intervention des engins de chantiers était programmée depuis longtemps, au pire moment pour la faune, (les oisillons étant au nid), en un endroit où de récents inventaires naturalistes avaient répertorié des plantes rares et protégées, le site a été dévasté.

 

 

 

Pourquoi ?

Le seul danger qui avait menacé l'usage du Pré aux Chênes, danger lié à la réouverture de la liaison ferroviaire Avignon-Carpentras en bordure de ce lieu de loisir, venait d’être levé : Après proposition des « Sorgues Vertes » lors de l’enquête publique, RFF avait pris la peine de nous faire savoir que sa sécurisation, par prolongement de la clôture protégeant le passage à niveau supprimé, était actée.

Alors pourquoi ?

Il est impossible de croire que l'avenir du Pré dépendait d’une diminution de loyer de 1500 euros, somme venant en sus du bail et temporairement octroyée « par humanité » au propriétaire initial parce qu'il était dans la gêne. Les citoyens que nous sommes s’étonnent au passage de l’impudence avec laquelle de l’argent public a été dépensé, hors tout cadre légal d’aide, pour un particulier, comme de la cuistrerie avec laquelle le nom de cette personne a été livré en pâture à l’opinion ! Ces très mauvaises manières auraient pu être évitées puisqu’en tout état de cause ces 1500 euros n’auraient jamais couvert les « considérables » frais de réfection maintenant mis en avant… et ne sont rien en comparaison du coût du chantier de la destruction.

Nous ne comprenons pas !

Jeudi 7 juin 2012, ce qui frappait au Pré aux Chênes, par delà le ronflement de la pelleteuse qui achevait son triste travail, c’était le silence de la nature.

Un silence de mort.

 

 



Ajouté le 11/06/2012 par NB - 3 réactions

Les réactions

Avatar Biana

Uneblieavble how well-written and informative this was.

Le 22-08-2012 à 03:13:44

Avatar Maurice Journée, Maire Honoraire de Reilly ( 6 Mandats )

Un Maire capable de cette infamie mérite simplement d'être viré.

Le 13-08-2012 à 22:41:53

Avatar Jean Pierre Saussac

Quelle honte !!! gaspiller un endroit emblématique, loué à un privé par la commune d'Althen les paluds, pour des considérations financières et stratégiques personnelles de l'équipe municipale, est un acte purement indigne de son maire. Votre maire n'aurait il pas perdu la tête ?????
J’espère que les médias vont largement relayer ce gâchis, bien au delà du département, pour bien mettre en avant qu'un élu est capable du meilleur comme du pire.
Il est urgent de mettre en œuvre une pétition l'attention de Mr le Préfet ainsi qu'un dépot de plainte collectif des associations de l'environnement solidaires des Sorgues vertes.

Le 15-07-2012 à 12:25:04

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