C'est dans l'air!

6 février 2013 : Delphine Batho, ministre de l’écologie du développement durable et de l’énergie, publie un plan d’urgence pour la qualité de l’air

 

 

Ce plan intervient dans le cadre d’un contentieux européen, la France  ayant pris du retard dans la gestion de ce problème : elle a 1 an (2013) pour convaincre l’Europe de la mise en œuvre d’actions efficaces. Si elle n’y parvient pas, elle écopera d’une amende de 11 Milliards d’euros, puis 240 000 € d’astreinte par jour !...

 

Il faut savoir que 15 villes ou agglomérations françaises sont visées par ce contentieux parce qu’elles sont bien au dessus des normes de pollution compatibles avec une santé optimale. A elle seule, la région PACA en compte quatre, dont Avignon qui fait aussi bien (ou mal !) que Marseille, Toulon ou la zone côtière très urbanisée des Alpes Maritimes !

 

 

Préalables

 

L’air est essentiel à la vie, « nous sommes tous des buveurs d’air » : Nous ne pouvons pas ne pas respirer, alors que faire ?

 

1)      prendre conscience des conséquences de la pollution de l’air sur notre santé et celle de nos proches

2)      agir au plan personnel : nous avons tous un rôle à jouer pour améliorer la qualité de l’air

3)      nous impliquer dans les choix publics de façon à limiter les rejets polluants dans l’atmosphère

 

Prendre conscience des conséquences de la pollution de l’air sur notre santé et celle de nos proches

 

42000 décès annuels en France sont imputables à la mauvaise qualité de l’air. Et encore ces chiffres sont-ils ceux du ministère, les associations avançant 100 à 200000 morts prématurées par an.

Vivre à Avignon, c’est s’exposer à vivre 8 mois de moins qu’à Nantes ou Clermont-Ferrand !

 

Agir au plan personnel

 

 

Aujourd’hui l’activité humaine contribue à polluer l’air en plus des sources naturelles, l’industrie, les transports, l’agriculture, l’élevage, le chauffage, rejettent des polluants atmosphériques.

« Les polluants sont dehors mais aussi partout, à l’école, au bureau, à l’usine, dans les bâtiments publics, dans les espaces commerciaux, dans le logement. L’air pur n’existe pas. Sous l’effet du vent, les polluants voyagent. Les effets des polluants atmosphériques sur la santé dépendent de la dose à laquelle chacun est exposé au cours de l’intégralité de sa journée mais aussi de sa sensibilité. Certaines populations sont particulièrement sensibles : les enfants, les asthmatiques, les insuffisants respiratoires. Un enfant sur sept souffre d'asthme. Ceci représente une augmentation considérable par rapport à la situation il y a 30 ans. »

 

Nous pouvons agir  à la maison, quand nous nous déplaçons,  quand nous achetons des produits, dans notre lieu de travail, quand nous trions nos déchets.

Lire à ce sujet l’analyse et les propositions de FNE : 

 

Nous impliquer dans les choix publics de façon à limiter les rejets polluants dans l’atmosphère


Comme citoyens, nous pouvons être exigeants  et sensibiliser les pouvoirs publics (élus, administrations) aux conséquences à moyen et long terme de leurs projets, dans l’espoir qu’ils évoluent. Comment ne pas voir que la multiplication des lotissements loin des centres villes et des lieux de travail, l’insuffisance des transports en commun obligent les habitants à utiliser un véhicule personnel ?

Si les divers acteurs de la société (employeurs, porteurs de projets) intégraient la protection de l’air dans leurs décisions d’aménagement, d’entretien, de gestion, au lieu de se limiter à une vision économique « court-termiste », continueraient-ils de regrouper l’offre d’achat sur des zones commerciales ? A multiplier les rocades ?

Nous pouvons toujours, par le biais des enquêtes publiques donner notre avis sur un projet.

 

Que fait le gouvernement ?

 

 

Le droit de l’air est déjà conséquent en France.

FNE a fait un tour d’horizon de l’existant 

Pour autant, nous ne sommes pas assez bons. Devant la menace de contentieux avec l’Europe, et dans l’urgence, le gouvernement actuel revient sur le projet du gouvernement précédent qui s’était proposé d’expérimenter des ZAPA = zones d’actions prioritaires pour l’air. Des villes volontaires (en PACA Nice et Marseille) limitaient l’accès au centre ville aux véhicules polluants. Ce projet semblant devoir pénaliser les français les plus modestes, les villes retenues ne s’étant pas pressées de déposer leurs dossiers, le dispositif n’a pas été testé.

 

Une politique de l'air "plus durable et plus juste" impliquant une approche "plus globale et plus structurelle" est donc initiée. Elle se développe en 38 mesures, selon cinq axes :

- favoriser le développement de toutes les formes de transport et de mobilité propres par des mesures incitatives, donc repenser les moyens de transport.

réguler le flux de véhicules dans les zones particulièrement affectées par la pollution atmosphérique, donc repenser la politique de mobilité

réduire les émissions des installations de combustion industrielles et individuelles, donc repenser les moyens de chauffage domestiques

- promouvoir fiscalement les véhicules et les solutions de mobilité plus vertueux en termes de qualité de l'air

informer et sensibiliser les français aux enjeux de la qualité de l'air                                      

 

La mesure 29, visant à réduire l’accès des centre ville aux véhicules polluants a focalisé sur elle toute l’attention des médias.

Quoiqu’en dise le gouvernement, on peut parler de « sous ZAPA », et remplacer la pastille verte par une puce (verte ?), ne change pas grand-chose.

Nous vous renvoyons au communiqué de FNE : toutes les pastilles vertes n'ont pas le même goût.

Ainsi qu’à l’analyse très claire d’actu-environnement 

 

En Vaucluse

 

 

Beaucoup de ces mesures(-ettes) gouvernementales semblent pensées pour les très grandes villes : à Paris ou Marseille (où l’air est pollué), à Strasbourg ou Nantes (où l’air est plus sain), il n’est pas besoin d’un véhicule personnel pour circuler en agglomération.

Avignon (46ème ville de France pour la population !) se singularise en faisant aussi mal que les grandes pour l’air… et en proposant peu, de solutions alternatives à la voiture. Nous avons une responsabilité collective dans cet état de fait.

 

Outre les mesures prévues d’incitation aux déplacements « vertueux », dont on peut craindre qu’elles fassent davantage appel à la coercitition (interdictions d’accès, stationnements impossibles, amendes élevées…) qu’à l'incitation (aides à l’achat de véhicules propres, gratuité des transports en commun…), il conviendrait de comprendre pourquoi ici et maintenant nous en sommes arrivés là : Les Sorues Vertes souhaiteraient une analyse des sources du problème... et des mesures à long terme

Dans ce but, nous proposons deux pistes de réflexion :

  • Entre Avignon et Carpentras continue de se développer une conurbation que personne ne paraît maîtriser et qui présente tous les inconvénients de la ville, notamment en terme de pollution majeure de l’air, sans en avoir les avantages, en termes de proximité ou d’efficacité des transports en commun. Avant de « pastiller » les véhicules particuliers, demandons nous si l’étalement urbain voulu et organisé par nos élus, le morcellement des intérêts communaux et intercommunaux (forcément divergents) ne sont pas co-responsables  de l’utilisation massive de nos véhicules.
  • De même, s’il est vertueux de favoriser des moyens de chauffage plus sains (il n’est pas d’années sans que l’on enregistre aussi des décès à l’oxyde de carbone), demandons aux offices publics s’ils conduisent les politiques de rénovation des logements prenant en compte un haut niveau d’isolation thermique… Plutôt que d’aider les habitants à acheter des poêles à bois, aidons les à avoir moins besoin de chauffage !

Le premier point (maîtrise de l'étalement urbain) était un axe majeur des SCoT... et la raison même de la création de notre association. Pour l’instant, cette préoccupation ne parait pas avoir été au premier plan : il serait temps que tous, nous nous remettions au travail !

 



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