Gromelle : un patrimoine en péril, un combat exemplaire

 

Compte tenu de ses buts, notre association ne peut rester indifférente au combat de nos voisins, habitants de Saint Saturnin et Vedène résidant autour des sites industriels de Gromelle et Continental Nutrition.

 

Ce site illustre parfaitement les particularités du territoire des Sorgues, témoignage de cette longue histoire d’interaction entre l’homme et l’eau, qui a

  • façonné l’ensemble des paysages agricoles mais aussi urbains et « naturels »,
  • tissé la trame de l’aménagement de ce territoire,
  • rythmé l’activité économique et forgé des savoir-faire durables.

Cet accord rare entre nature et activités humaines, entre entreprises commerciales ou industrielles et agriculture, nous a été légué. Nombreux sont ceux qui unissent leurs efforts pour préserver le mieux possible cet équilibre fragile mais vital.

 

Dans cette optique, l’on peut considérer que les documents d’urbanisme (SCoT, PLU), dont nous nous dotons au prix d’années de discussion, de tractation, sont la concrétisation de notre volonté à tous de vivre ensemble.

 

Lorsque des capitaux, lorsque un repreneur d’entreprise en faillite, conditionnent leur reprise à une modification importante de nos documents d’urbanisme, la méfiance est de mise : à coup sûr, il ne respectera pas les règles qui fondent notre qualité de vie.

 

A Vedène, après que la société Continental Nutrition ait mis au chômage ses 99 salariés,  en septembre 2011, après que quelques dizaines d’entre eux (« Les Conti ») aient pendant près d’un an occupé leur usine, l’arrivée d’un repreneur (APRC GROUP), a fait figure de miracle. Ce « fonds de placement et entités financières similaires », se présentant comme constructeur de plate forme logistique promet 120 emplois sur les 7 ha de l’entreprise. (« A la louche », les 120 emplois, car une lecture des articles de presse donne tantôt 120, 150 voire 170 emplois !)

La faillite de la papeterie Gromelle a permis à APRC d’augmenter ses acquisitions foncières et de s’étendre jusqu’au canal de Vaucluse. Parallèlement, une campagne de promesses de vente ciblées sur des terres mitoyennes a abouti à la possibilité de réunir une vingtaine d’hectares supplémentaires. Les quelques propriétaires qui résistent sont l’objet de menaces et d’intimidations (« nous avons « redessiné » notre projet en positionnant l’unité de messagerie sur la parcelle située en façade de vos gites. Vos locataires auront en permanence 365 jours par an une vue directe sur un entrepôt 4.500 m² et ses allées de circulation. » ; « ce projet verra le jour coûte que coûte…je ne vous cache pas qu’une DUP (déclaration d’utilité publique) soit envisagée »)

Des propos inadmissibles !!

 

La différence d’emprise au sol du projet actuel, par rapport au projet initial objet d’accord avec le Préfet de Vaucluse, porte sur au moins 14 hectares de terres agricoles ou naturelles non constructibles. La revitalisation du site industriel a bien fait place à une opération immobilière. «APRC a dépassé son rôle de contractant général pour épouser celui de monteur d’opérations immobilières en intervenant sur toute la chaîne immobilière depuis l’identification du terrain jusqu’à la revente ». (J. Hernandez, directeur d'APRC, décrivant son projet Vedène sur le modèle d’une réalisation de 160 000m² de base logistique à St Martin de Crau, interview au magazine Logistique, 24 février 2014).

 

 

 

Ulcérés, les habitants ont décidé de faire savoir ce qui se fomente chez eux.

Soucieux de l’intérêt général, ils ont étudié la capacité des plates formes logistiques à créer des emplois, ici et aujourd'hui.

En regard, ils évaluent, à la fois les emplois existant bel et bien sur le territoire (vignes AOC, élevage de chevaux, prairies …), et ceux potentiels qui pourraient être créés sur les hectares artificialisés disponibles.

Ils relèvent les incohérences du projet : qui peut croire en la création d’un hôtel de luxe (réhabilitation des bâtiments industriels historiques de la papeterie Gromelle) en mitoyenneté d’un entrepôt prévu pour plus de 100 camions/jour ?

Ils ont alerté sur les problèmes de pollutions résiduelles (Amiante dans les bâtiments, mercure et plomb dans le sol, « STEP » qui s’écoule dans le canal de Vaucluse…) de l’activité de Continental Nutrition, problèmes qui ne semblaient pas pris en compte…

 

Ils se sont organisé en association, l’ADEGCL, ont ouvert un blog, font circuler une pétition.

 

L’honneur des Sorgues Vertes est de les soutenir : La « trame verte et bleue » que nous préservons, ne se limite pas à un territoire circonscrit par les deux bras de Sorgue d’Entraigue et de Velleron. Nous défendons plus qu’une île : un environnement, une qualité de vie et un patrimoine !



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